Le Moyen-Age s'étend du VIème siècle jusqu'à la fin du XVème, soit près de mille ans. Il nous a laissé deux principaux types d'édifices: les Châteaux-forts pour les constructions militaires et les Eglises pour les édifices religieux. Ces deux types de bâtiments illustrent bien les principaux caractères de la période: la guerre qu'elle soit publique ou privée et la religion chrétienne qui a règlé la société médiévale.
Les Abbayes étaient des monastères où des moines (hommes ou femmes) menaient une vie de prière et de travail loin des biens et des sollicitations de la société, même si cette vision idéale n'a pas toujours été conforme à la réalité.
La conception de l'église abbatiale et des bâtiments monastiques de l'Abbaye reflète bien les préoccupations et la manière de vivre des moines. Leur organisation est devenue complexe avec le temps surtout dans les grandes abbayes.
Ces établissements ont pris une grande importance au Moyen-Age car au delà de leur fonction religieuse, ils sont bien souvent devenus les centre de l'activité intellectuelle et les dépositaires du savoir.
Perspective sur les ruines de l'ancienne église abbatiale de Cluny
Un certain nombre d'Abbayes sont présentées dans cette page en commençant par la plus spectaculaire: l'Abbaye du Mont Saint Michel qui reçoit chaque année un nombre impressionnant de touristes.
Les premieres abbayes ont été fondées en France à la fin du IVème siècle. Ainsi Saint Martin fonde, en 360, l'Abbaye de Ligugé en Poitou, puis celle de Marmoutier près de Tours. Saint Honorat fonde, vers 410, une Abbaye aux Îles Lérins.
Pendant le Haut Moyen-Age (VIème au Xème siècle), de nombreuses Abbayes ont été créées et se sont développées, la plupart du temps à partir d'initiatives seigneuriales ou royales. Ces monastères et abbayes sont alors animés par des idéaux communs: éducation et et conversion des hommes, mise en culture des terres par le défrichement des forêts. Grâce aux dons des seigneurs et des fidèles, les abbayes deviennent de grandes exploitations agricoles avec une organisation rigoureuse et efficace. Ils deviennent ensuite des centres intellectuels et sont à la base des actions d'alphabétisation des classes dirigeantes et du peuple. C'est à eux que fait appel Charlemagne pour le dévelopement des écoles à l'époque carolingienne. Corrélativement ces hauts personnages imposent des abbés de leur famille ou de leur mouvance dont la religiosité n'est pas toujours éprouvée et qui parfois en détournent les profits en leur faveur.
Une réaction se produit au début du Xème siècle, symbolisée par la création de l'Abbaye de Cluny suivie au XIème siècle par l'émergence d'ordre religieux prônant l'austérité, la solitude et une vie ascétique. Les chefs de ces grandes abbayes deviennent des personnages de premier ordre ayant parfois une grande influence sur le temporel (la société civile).
On reste toujours étonné par l'envergure des édifices religieux construits au Moyen-Age et aussi par la qualité des sculptures et de leur décoration. Elles symbolisent la puissance du christianisme dans la société médiévale. Il suffit d'imaginer la somme d'efforts nécessaires à leur réalisation pour s'en convaincre surtout avec les moyens techniques de l'époque. Ces ouvrages ont été construits, pour l'essentiel, du Xème au XVème siècles, ils illustrent la capacité de conception des architectes médiévaux et le savoir faire des bâtisseurs de cette époque.
Description d'une Abbaye médiévale
Le plan d'une abbaye correspond à ses principales fonctions. Bien souvent la dangerosité des temps les ont amenées à s'entourer d'une enceinte fortifiée avec une entrée sécurisée comme le montre celle de l'Abbaye de Marmoutier près de Tours. Les bourgs qui se sont parfois développés autour de certaines abbayes étaient eux-mêmes le plus souvent entourés de remparts.
Etablissement avant tout religieux, le principal bâtiment est l'église Abbatiale qui traduit l'importance du monastère. Ainsi pendant longtemps l'église de l'Abbaye de Cluny et celle de l'Abbaye Saint Martin de Tours ont été les deux plus grandes églises d'Europe de l'Ouest.
Un autre bâtiment à caractère religieux est également significatif, le cloître qui est le lieu pour la méditation. En même temps, souvent les bâtiments monastiques s'articulent autour de lui. Le cloître est un ensemble carré de quatre galeries couvertes et disposées en rectangle. Celui, partielle conservé de l'Abbaye de Vendôme en est une bonne illustration, d'autant que la salle capitulaire lui est adjointe. Cette salle est le centre de la vie sociale du monastère, les moines s'y réunissent fréquemment.
Certaines constructions sont plus spécifiques aux abbayes importantes comme le scriptorium, où les moines fabriquent et copient des manuscrits, et la librairie, lieu de la lecture.
Les bâtiments de service sont nécessaires à la vie courante. D'abord le dortoir pour dormir, il fonctionnait en relation avec la présence ou non de cellules monastiques. Pour manger, les deux bâtiments sont la cuisine (exemple à l'Abbaye de Fontevraud) et le réfectoire, l'Abbaye du Mont Saint-Michel en donne un bon exemple. Les infirmeries accueillaient les malades et les moines âgés. Les granges et greniers étaient dédiés au stockage des produits alimentaires.
Les abbayes les plus importantes avaient un logis abbatial réservé à l'abbé, il pouvait y accueillir des personnalités de passage sans perturber la vie monastique.
D'autres bâtiments servaient pour le travail en fonction de la spécialité de l'abbaye. La cellerie servait d'entrepôt pour les matériels de tous ordres. Des ateliers permettaient de réaliser les travaux manuels. Il faut aussi citer les dépendances à caractère agricole: pressoir, écuries, bergeries, moulins, forges, etc.
Le livre d'Umberto Eco, Le Nom de la Rose et le film qui en a été tiré donne une très intéressante description de l'organisation et de la vie d'un monastère médiéval.
Le Nom de la Rose de Umberto Eco, Jean-Noël Schifano -- ISBN: 2253033138
An de grâce 1327, la chrétienté est en crise. L'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine du Sud de la France pour participer à une rencontre entre franciscains prônant la pauvreté du Christ et partisans d'un pape amateur de richesses. Dès son arrivée, il se voit prié par l'abbé de découvrir au plus vite la raison de la mort violente d'un de ses moines, retrouvé assassiné. L'inquisiteur Bernard Gui, dont la réputation de cruauté n'est plus à faire, est attendu, et l'abbé craint pour l'avenir de son abbaye. Tel un ancêtre de Sherlock Holmes, Baskerville se met à l'ouvrage, assisté du jeune Adso de Melk. D'autres morts vont venir compliquer sa tâche. Umberto Eco n'est pas seulement un romancier, c'est surtout un érudit qui connaît son sujet sur le bout des doigts. Il entraîne le lecteur dans une aventure à la fois philosophique et policière, où il est question d'Aristote, de liberté, d'injustice et de cyanure.
Le livre de Umberto Eco a été porté à l'écran par Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle de Guillaume, Le Nom de la Rose fait date dans l'histoire des romans policiers historiques.
Abbaye du Mont Saint Michel
Le Mont Saint-Michel se trouve dans le département de la Manche, à une dizaine de kilomètres à vol d'oiseau de la ville d'Avranches. Il fait partie de la Normandie. Le site est classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco.
Au début du VIIIème siècle, l'évêque d'Avranches, Aubert, crée sur l'îlot un sanctuaire dédié à Saint Michel, douze religieux y sont affectés. Au milieu du IXème siècle l'Empire Carolingien est confronté aux raids et aux invasions des Vikings. Les religieux quittent l'îlot qui reste cependant occupé par quelques habitants. Au début du IXème siècle, l'édifice est restauré et la chapelle Notre-Dame sous Terre est construite.
Le Traité de Saint Clair sur Epte, en 911, entre le roi Charles III le Simple et le Normand Rollon donne à celui-ci le comté de Rouen noyau du duché de Normandie. En 933, le Cotentin et l'Avranchin sont rattachés à ce duché ainsi donc que le Mont Saint-Michel. En 966, le duc Richard I de Normandie confie le Mont Saint-Michel à des moines bénédictins, elle devient alors une Abbaye qui bénéficie de la bienveillance des ducs de Normandie. Le duc fait construire les fortifications de l'abbaye. L'abbé est aussi le seigneur du lieu qui garde une forteresse. L'Abbaye reçoit de nombreuses donations qui l'enrichissent, elle possède des prieurés en France, en Bretagne, en Angleterre et même en Italie. Le Mont Saint-Michel devient aussi un lieu de pélerinage très important.
L'église Romane est édifiée de 1020 à 1080, elle faisait 80 mètres de long, il en reste les soubassements de l'édifice actuel et les cryptes.
Abbaye du Mont Saint-Michel vue du côté Ouest, en bas à droite la chapelle Notre-Dame sous Terre, en haut la façade de style classique (XVIIIème siècle)
Au début du XIIIème siècle, en 1204, l'armée du roi de France Philippe II Auguste conduite par Guy de Thouars s'empare du mont, l'abbaye est en bonne partie détruite par l'incendie consécutive aux combats. La reconstruction est engagée en 1211, elle est quasiment achevée en 1228, ce sont les parties reconstruites à ce moment que l'on appelle la Merveille.
Au moment de la Guerre de Cent Ans, l'Abbaye du Mont Saint-Michel est en première ligne. Les Anglais en font le siège sans succés, dès 1356. Le dispositif de défense du monastère et de la ville est renforcé d'abord par l'abbé Pierre Le Roy à la fin du XIVème siècle puis par l'abbé Robert Jollivet au début du XVème siècle. Pendant près d'une centaine d'années, batailles et escarmouches se succèdent pour sa possession, il ne sera jamais pris par les Anglais. D'autres travaux défensifs sont engagés à la fin du XVème siècle pendant le règne de Louis XI puis au début du XVIème siècle.
A partir de la fin du XVIIIème siècle et pendant la Révolution Française, l'abbaye devient une prison qui fonctionnera jusqu'en 1863. C'est alors que sont engagés des grands travaux de restauration.
Abbaye du Mont Saint-Michel vue du côté Sud
L’abbaye du Mont Saint-Michel comprend quatre parties : l’église abbatiale, la Merveille, les logis abbatiaux et la chapelle Notre-Dame sous Terre.
L'église abbatiale possède un édifice principal et trois cryptes: Gros Piliers, Notre-Dame des Trente Cierges, Saint Martin.
Elle a été construite à partir du milieu du XIème siècle, la nef a été commencée en 1060 et de nombreux bâtiments monastiques sont achevés ou bien avancés à la fin du siècle. C'est alors que des parties de la nef s'écroulent et une campagne de reconstruction est lancée.
En 1421, le choeur s'effondre, il est reconstruit à partir de 1446 par l'abbé Guillaume d'Estouteville, le chantier ne s'achève qu'en 1521. Ce nouveau choeur est réalisé en style Gothique et donne une ambiance de verticalité avec ses 25 mètres de hauteur, de grandes verrières fournissent un éclairage abondant.
Choeur Gothique de l'église abbatiale
En 1776 un incendie entraine la démolition de trois travées de la nef, une nouvelle façade est construite en 1780, elle est de style classique.
Les édifices de la Merveille sont au Nord de l'église abbatiale. Ils correspondent aux bâtiments conventuels qui sont du début du XIIIème siècle et de style Gothique, ils sont disposé selon un schéma vertical. La Merveille se décompose en six parties, à l'Est: l'Aumônerie, la Salle des Hôtes et le Réfectoire, à l'Ouest: le Cellier, la Salle des Chevaliers et le Cloître.
Les logis abbatiaux sont au Sud, ils comprennent une hôtellerie, une infirmerie et la chapelle Saint Étienne, ils sont du milieu du XIIème siècle.
La chapelle Notre-Dame sous Terre est en contrebas de l'abbaye, côté Nord-Ouest, elle donne directement sur l'Océan. Elle est du début du Xème siècle et illustre l'architecture carolingienne, elle présente deux nefs parallèles qui se terminent par un choeur vouté.
Réfectoire des bâtiments monastiques de l'Abbaye du Mont Saint Michel
L'Abbaye a été fondée par le roi Mérovingien Childebert (un fils de Clovis) dans les années 540, il souhaite y abriter la Tunique de Saint Vincent obtenue des Arabes lors de la prise de Saragosse en 542. L'Abbaye est alors dédiée à la Sainte Croix et à Saint Vincent. Il y fait venir des moines de l'Abbaye Saint Symphorien d'Autun. Les travaux de construction sont conduits par l'évêque de Paris Germain à partir de 557. En 558, le roi Childebert y est enterré, il en sera de même de ses successeurs jusqu'à Childéric II en 673. L'église est ainsi devenue la nécropole des rois Mérovingiens.
Quand l'Evêque Germain meurt, dans la deuxième moitié du VIème siècle, il est lui aussi inhumé dans l'église et à sa mort sa tombe devient un lieu de pélerinage. Elle prend le nom de Saint Germain (des Prés) au VIIIème siècle. Charlemagne lui des privilèges et immunités qui la rendent indépendante de autorités civiles et religieuses de Paris.
L'Abbaye est détruite au moment des Invasions Normandes, elle est reconstruite de 990 à 1021. C'est la plus ancienne Eglise de Paris, elle est de style Roman. Le clocher, la nef et le transept sont du XIème siècle (cf photos ci-contre: intérieur et clocher).
Un Lombard, Guillaume de Volpiano, devient Abbé en 1024. Il réforme le monastère qui suit alors la règle de Saint Benoît. Le nombre de moines s'étant accru, , le choeur est agrandi , il est consacré par le Pape Alexandre III en 1163. Au XIIIème siècle les bâtiments conventuels sont reconstruits.
Pendant tout le Moyen Age l'Abbaye de Saint Germain des Prés a été très riche et très puissante. Elle est fortifiée au XVIème siècle car elle se trouve alors toujours en dehors de l'enceinte de la ville.
Un bourg se développe autour de l'Abbaye, c'est lui qui va former le Quartier Saint Germain des prés. Plus tard elle cède une partie de ses terrains au bord de la Seine (le Pré-aux-Clercs) à l'Université de Paris.
Pendant l'Ancien Régime (XVI - XVIIIème siècles), l'Abbaye se transforme, elle adopte la règle des Bénédictins de Saint Maur en 1631 et bénéficie d'un renouveau intellectuel. De nouveaux bâtiments sont construits comme le montre la gravure ci-dessous (fin XVIIème siècle). L'Abbaye est dissoute lors de la Révolution Francaise, les bâtiments monastiques servent de dépôts et de prisons. Les anciennes tombes des rois Mérovingiens sont dispersées et la Bibliothèque disparait dans un incendie en 1794. Les batiments et annexes de l'Abbaye sont finalement vendus. Les terrains sont lotis par des immeubles d'habitation.
L'Eglise se dégrade et risque même de disparaitre. Les deux tours au niveau du chevet (cf gravure ci-contre) sont détruites.
Les travaux de restauration commencent en 1819, ils sont repris en 1843 avec l'architecte Baltard. Hyppolyte Flandrin réalise les grandes fresques sur l'ancien et le nouveau testament. Les restaurations se sont poursuivies régulièrement pendant les XIX et XXèmes siècles.
L'Abbaye Saint Germain des Prés à la fin du XVIIème siècle (vue du Nord)
L'Eglise Saint Pierre est une église imposante puiqu'elle fait plus de 80 mètres de long et que la hauteur des voutes du Choeur est d'environ 23 mètres.
C'est l'église d'une Abbaye très ancienne qui a sans doute été fondée au début du VIème siècle par le roi Mérovingien Clovis et dédiée à Saint Pierre. Cette Abbaye Bénédictine est rapidement devenue trés puissante et riche (on l'appelait aussi Saint Père de Chartres). Clotilde, la femme de Clovis, donne une partie importante de la forêt du Perche à l'Abbaye. Plus tard la veuve de Clovis II, le fils de Dagobert I, lèguent des biens situés dans le Vexin à l'Abbaye.
Dans l'édifice actuel la Tour carrée remonte à la fin du Xème siècle, elle ressemble à une Tour de défense, ce qui était sans doute sa fonction à l'origine. L'église a été reconstruite à partir de 1150 par le moine Hilduard, les bas cotés qui entourent le Choeur et le déambulatoire sont de cette époque, il faut noter l'absence de transept. La nef et les autres bas-cotés ont été achevés en 1225.
Les fenêtres sont garnies de vitraux remarquables des XIVème et XVème siècles, les vitraux des verrières sont du XVIème.
La chapelle dans l'abside accueille des émaux réalisés de 1545 à 1547 pour Francois I par Léonard Limosin. Henri II en fit cadeau à Diane de Poitiers qui les installa dans son chateau d'Anet, ils y sont restés jusqu'à la Révolution Francaise.
Chevet et nef de l'abbaye Saint Père de Chartres Eglise Saint Pierre de Chartres et maison ancienne
Vézelay est une petite ville située sur une colline à une quinzaine de kilomètres à l'Ouest d'Avallon, dans le département de l'Yonne. L'Abbaye de la Madeleine est sur le sommet de la colline, elle est inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco. Le village est structuré autour d'une grande rue qui monte vers la Basilique, derrière le chevet de l'édifice une terrasse permet d'avoir une belle vue sur les collines du Morvan et la vallée de la Cure.
L'église abbatiale est une Basilique car elle était censée contenir les reliques de Sainte Marie-Madeleine et elle est en conséquence devenue au Moyen-Age un important lieu de pélerinage. En même temps Vézelay est une étape sur le chemin du pélerinage de Saint Jacques de Compostelle.
Abbaye de la Madeleine à Vézelay: façade, tour Saint-Michel et nef
En 858, Girard de Roussillon, un fidèle des souverains carolingiens Louis le Pieux et Lothaire Ier, fonde une abbaye de femmes sur le site de Saint Père, en bas de la colline. En 873 cette abbaye est pillée par les Normands qui ont remonté l'Yonne et la Cure. Le monastère est alors déplacé au sommet de la colline, il est désormais occupé par des moines et s'entoure de remparts pour se protéger. Le premier abbé est Eudes, à la fin du IXème siècle. L'abbaye de Vézelay a été affiliée à celle de Cluny à la fin du XIème siècle, ce qui est une source de conflits entre les moines de Vézelay et leur maison-mère. L'abbaye a également souvent été en conflit avec l'évêque d'Autun et les comtes de Nevers.
La construction de l'église abbatiale est décidée à la même époque, elle est perturbée par un incendie en 1120. Le choeur et le transept ont été réalisés à partir de la fin du XIIème siècle et l'édifice a été achevé au milieu du XIIIème siècle.
C'est à Vézelay que Bernard de clairvaux a prêché la IIème croisade vers la Terre Sainte, en 1146, en présence du roi de France Louis VII. Thomas Becket est souvent venu se réfugier dans l'abbaye pendant son conflit avec Henri II Plantagenet.
A la fin du XIIIème siècle, le Pape Clément IV indique que les vraies reliques de Marie-Madeleine sont à Saint Maximin-la Sainte Baume, en Provence. Ceci entraine une chute du pélerinage et de la prospérité associée.
Au milieu du XVIème siècle, l'abbaye est déclassée par le Pape en maison de chanoines. Dans les années 1560, pendant les Guerres de Religion, les bâtiments sont endommagés par les Protestants.
L'abbaye se dégrade significativement au XVIIIème siècle, elle est vendue comme Bien National au moment de la Révolution Française, les bâtiments monastiques servent alors de carrière de pierres, il n'en reste pratiquement rien.
La basilique a été restaurée par Viollet-le-Duc au milieu du XIXème siècle. Les pélérinages ont été rétablis à partir de la fin du XIXème siècle.
Basilique de la Madeleine à Vézelay
L'église a une taille importante puisqu'elle fait 120 mètres de longueur.
La nef est de style Roman, achevée vers 1140 (cf photo ci-contre), elle fait plus de 60 mètres de longueur et 18 mètres de hauteur avec des bas-côtés. Elle comporte dix travées avec des arcs en plein cintre, ceux-ci sont bicolores. La nef est jalonnée par des colonnes comportant chacune un chapiteau sculpté, qui racontent des scènes inspirées de la Bible ou même de la mythologie. Ces sculptures sont remarquables pour leur qualité. Elle est éclairée par une double rangée de fenêtres.
Nef de l'abbaye de la Madeleine à Vézelay
Le choeur est de style Gothique avec de vastes baies, il est plus élevé que la nef avec 22 mètres de hauteur. Le choeur est entouré par un déambulatoire avec des chapelles rayonnantes, le tout est vouté en ogives gothiques. Le transept Gothique est de la même époque
La façade a été restaurée par Viollet-le-Duc au milieu du XIXème siècle. A droite se situe la tour Saint-Michel qui s'élève à 38 mètres, elle a été construite au XIVème siècle et elle est de style Gothique. La façade comporte un triple portail, au dessus du grand portail central se trouve un tympan de type Roman, dit du Jugement Dernier, il date en fait de 1856. Il est surmonté par un grand pignon dont les grandes baies permettent d'éclairer le narthex.
Le narthex est lui Roman d'origine, il a été réalisé au milieu du XIIème siècle. Il est vaste et au fond trois portails donnent sur la nef de la basilique. Au dessus du portail principal se trouve un magnifique Tympan où le Christ envoie ses apôtres en mission. C'est un des chefs-d'oeuvre de l'art Roman.
L'Abbaye de Cluny a été fondée en 910 par le duc Guillaume d'Aquitaine (également comte d'Auvergne). Il la fait relever directement du Pape.
La première abbaye est construite immédiatement, elle est consacrée en 927. Les bâtiments étant insuffisants, une nouvelle église abbatiale est construite dans la seconde partie du Xème siècle.
Une nouvelle église est lancée à partir de 1088 par l'abbé Hugues de Semur afin de répondre à l'augmentation des moines mais aussi à la concurrence d'autres abbayes. Il fait reconstruire l'église abbatiale de Cluny en en faisant le plus grand édifice chrétien de son temps (elle n'a été dépassé ensuite que par Saint Pierre de Rome).
Abbaye de Cluny, bras sud du transept avec le clocher de l'Eau Benite et la tour de l'Horloge
L'église est de très grande envergure, elle fait 187 mètres de long (cf maquette ci-dessous) et la nef s'élevait à 33 mètres de hauteur. La nef est achevée en 1130, elle comportait quatre collatéraux. Ensuite ont été réalisés le bras nord du transept, les tours et l'avant-nef . Le chantier est réactivé au début du XIIIème siècle, l'avant-nef est achevée en 1220, elle est de style Gothique. Deux transepts sont édifiés, le grand transept, de dimension significative était surmonté de trois clochers, dont l'un surplombe toujours le bras sud (cf photo ci-contre). Au milieu du chœur se trouvait un petit transept, qui subsiste en partie.
L'Abbaye de Cluny a eu une influence intellectuelle, économique et artistique considérable à partir du XIème siècle. L'abbé Hugues de Semur (1049-1109) a réussi à rendre le mouvement clunisien prédominant dans la société médiévale pour de longues années. Il a fondé et restauré de nombreux prieurés qui ont contribué à la puissance de l'Ordre de Cluny.
Maquette reconstituant l'Abbaye de Cluny (Musée de Cluny)
Le rayonnement culturel de Cluny est important au XIIème siècle, sa bibliothèque contenait un grand nombre d'ouvrages. Les moines de Cluny, ainsi Raoul Glaber, sont les auteurs de nombreux textes médiévaux.
Au XIIIème siècle, l'abbaye a de nombreuses difficultés, en particulier financières. Elle est aussi confrontée au développement d'ordres religieux concurrents et au XIVème siècle, le Pape interfère avec la nomination des abbés. Au XVIème siècle les abbés sont nommés par le roi de France. Elle périclite d'autant plus que les moines mènent une vie loin des idéaux bénédictins d'origine.
Au moment de la Révolution Française l'abbaye est déclarée Bien National et vendue. Elle est alors démantelée et sert de carrière de pierres. Il n'en reste guère que le transept Sud surmonté du clocher de l'Eau Bénite et accosté à droite par la tour de l'Horloge (cf photo ci-dessus).
Paray le Monial est à la limite du Brionnais et du Charolais. La petite ville est à 9 kilomètres à l'Est de la Loire et de Digoin sur le Canal du Centre et une petite rivière, la Bourbince. Elle est aussi à une quinzaine de kilomètres de Charolles et à moins de quarante de Cluny.
La premier monastère de Paray le Monial a été fondé en 973 par Lambert comte de Chalon, un bourg se forme autour de lui. En 999, ce monastère est placé sous l'autorité de l'Abbaye de Cluny.
L'église abbatiale a été initiée par Hugues Abbé de Cluny vers 1090, elle a été achevée en 1110. Il en a fait une sorte de réplique (réduite) de l'église abbatiale de Cluny, la maison-mère de Paray le Monial. Comme l'Abbaye de Cluny est en grande partie détruite, la Basilique de Paray le Monial sert de référence pout l'Architecture Clunisienne qui est avant tout de style Roman.
La façade est sobre avec deux tours qui encadrent un narthex à deux étages (cf photo ci-contre), la décoration du portail est relativement simple. Les tours et le clocher octogonal au dessus de la croisée du transept sont surmontés par des flèches couvertes d'ardoise et en pointe.
Basilique du Sacré-Coeur de Paray le Monial
La nef est relativement haute (27 mètres), elle est supportée par des collatéraux, à l'intérieur elle comporte la nef principale et deux nefs latérales qui sont voûtées en berceau brisé, chacune avec trois travées.
Autour du choeur, le déambulatoire parcourt l'abside et s'ouvre sur trois absidioles, il comporte des colonnes élancées avec des chapiteaux historiés, ils donnent une bonne illustration de l'art bourguignon du XIIème siècle. L'abside est en cul-de-four, sa partie haute comporte une fresque murale du XIVème siècle qui figure le Christ en majesté.
Abside avec le Promenoir des Anges et les colonnes élancées
L'église est une basilique, depuis 1875, en hommage à Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), une religieuse du couvent qui a eu des visions. Ses restes sont dans une chasse dans l'église. Elle est est devenue un centre de pélerinage important à partir de cette époque et l'athmophère religieuse est bien perceptible dans la ville.
Outre la Basilique, Paray le Monial possède un très bel Hôtel de Ville qui occupe une maison de style Renaissance, édifiée entre 1525 et 1528. Sa façade est très décorée et comporte 26 médaillons sur les rois de France. Au Nord de la ville, La Tour Saint Nicolas est le clocher de l'ancienne église paroissale qui avait été reconstruite en 1535. Elle a été en partie détruite au XIXème siècle.
Le Musée du Hiéron a récupéré le portail du Prieuré d'Anzy le Duc qui comporte des sculptures du XIIème siècle. Le Christ est dans une mandorle soutenue par deux anges. L'image de la Vierge allaitant est scuptée sur le linteau, elle est entourée par quatre femmes et quatre saints.
Paray le Monial de Nicolas Reveyron, Jean-Noël Barnoud, Gilles Rollier, Jean-Pierre Gobillot - Editions Zodiaque - ISBN: 2736903102
Les récentes fouilles archéologiques entreprises dans l'église de Paray-le-Monial ont réécrit l'histoire monumentale de cet édifice, inscrit à l'inventaire des Monuments historiques en 1842, devenu basilique en 1875 et placé sous le vocable du Sacré-Coeur. Dans les années quatre-vingt-dix, les premières études menées sur les élévations de l'ancienne priorale ont décrypté le lent déroulement d'une construction mariant dans la durée les impératifs du chantier, les exigences de la vie monastique et les nécessités de la liturgie. Il ne reste aujourd'hui aucune trace de la première église (Paray I), fondée en 973 par Lambert, comte de Chalon, et totalement reconstruite après son rattachement à l'ordre de Cluny en 999. La nouvelle église (Paray II), consacrée par l'abbé de Cluny Odilon, le 9 décembre 1004, fut augmentée d'une avant-nef vers la fin du XI siècle. Elle céda la place à l'actuel édifice (Paray III), projet démesuré pour les finances du prieuré, dont le chantier de construction s'étendit sur l'ensemble du XIIe siècle et déborda sur le XIIIe siècle. En confrontant textes, données archéologiques, archéologie du bâti et stylistique architecturale, les auteurs nous racontent l'histoire de Paray, de manière claire et accessible, depuis le choix du site jusqu'aux restaurations du XIXe siècle, en passant par la rénovation radicale de l'église au XVe siècle et les divers aménagements qui se sont succédés jusqu'au XVIIe siècle. Un campagne photographique inédite accompagne le texte.
Charlieu
Charlieu est une petite ville qui se situe sur les premiers contreforts des Monts du Beaujolais à 5 kilomètres à l'Est des rives de la Loire. Il est arrosé par une petite rivière, le Sornin, qui se jette dans la Loire à Pouilly sous Charlieu.
Cloitre de l'Abbaye de Charlieu
Charlieu a été construite autour d'un monastère Bénédictin fondé en 872, il a été rattaché à l'Abbaye de Cluny vers 930. Celle-ci fait édifier au XIème siècle l'église Saint Fortunat qui a été en bonne partie détruite lors de la Révolution Française. Il n'en reste que la première travée de la nef et le narthex (XIIème siècle) qui précèdait la façade. Le portail de ce narthex est particulièrement bien décoré (cf photo ci-dessous). Le cloitre Gothique conserve toujours trois de ses galeries (cf photo ci-dessus).
Portail du narthex de l'église de Charlieu Vue d'une partie de l'Abbaye de Charlieu
A environ 500 mètres à l'Ouest du monastère subsiste le cloitre des Cordeliers (XIVème et XVèmes siècles), il conserve quatre galeries de style Gothique avec des sculptures.
La position géographique de la ville face à la Bourgogne conduit Philippe II Auguste à la faire fortifier au début du XIIIème siècle, il en subsiste une grande Tour cylindrique.
Dans les ruelles étroites de Charlieu, de nombreuses maisons remontent à l'époque médiévale, certaines conservent de belles charpentes en chêne.
Au XIXème siècle, la ville a développé une production textile orientée vers le luxe (tissus d'apparat, etc).
Au Moyen-Age, Tours est une grande métropole religieuse. Ceci est du au prestige de Saint Martin, l'évangélisateur des Gaules à la fin du IVème siècle, devenu évêque de Tours. Il a d'abord fondé le monastère de Marmoutier.
L'Abbaye de Saint Martin à Tours même avait une telle importance qu'à un moment les rois de France en devenaient Abbé de droit. Elle était le centre d'un pélérinage sur le tombeau de Saint Martin qui était très renommé et fréquenté à l'époque médiévale.
En Outre, Tours était le siège d'un Archevêché important, héritage direct de son statut de capitale de la IIIème Lyonnaise pendant l'époque Gallo-Romaine.
Abbaye Saint Martin de Tours
Gravure du XVIIème siècle de l'Abbaye Saint Martin de Tours
La Basilique Saint Martin de Tours n'existe plus, négligée pendant le XVIIIème siècle, tombant en ruines, elle a été détruite au moment de la Révolution Francaise.
La rue des Halles a été tracée sur son emplacement et seuls deux vestiges en restent bien visibles: la Tour Charlemagne et la Tour de l'Horloge.
Ruines de l'Abbaye Saint Martin de Tours au XVIIIème siècle
Jusqu'à l'époque de Saint Martin, Tours était restée une ville Gallo-Romaine de moyenne importance. Mais très vite la renommée du Saint et le pélerinage sur son tombeau, un des principaux du monde chrétien, transforma le destin de la ville.
Pendant plus d'un millénaire Tours allait devenir une des principales cités de l'Europe Occidentale et une métropole de la chrétienté. Près de 700 paroisses et 500 localités portent le nom de Saint Martin.
La Basilique Saint Martin de Tours était un des plus grands édifices religieux d'occident (le second derrière l'église abbatiale de Cluny, elle s'est effondrée et a été détruite lors de la Révolution Française.
Un bourg important, Châteauneuf, s'est développé autour de l'abbaye au Moyen-Age, il constitue aujourd'hui le Quartier Plumereau à Tours, c'est un lieu très touristique avec ses nombreuses maisons et édifices anciens.
C'est au bord le Loire, sur la rive Nord quelques kilomètres en amont de Tours, que Saint Martin s'installe avec ses disciples dans des grottes creusées dans le côteau. En 372 il fonde une Abbaye qui devient rapidement très célèbre et très riche, peu après sa création elle comptait déjà 80 Moines.
Portail de la Crosse à l'abbaye de Marmoutier
En 853 elle est pillée et détruite par les Normands qui tuèrent plus de cent religieux. Un peu après l'an Mil, sous l'impulsion de l'Abbé Bernier, l'Abbaye se développe considérablement et devient une des plus riches d'Europe. Elle est alors sous l'influence des comtes de Blois et à l'occasion des luttes féodales de la deuxième partie du XIème siècle, l'Abbaye est sérieusement endommagée par le comte d'Anjou, Geoffroy le Barbu.
Le 1° mars 1096 le Pape Urbain II vint consacrer la nouvelle Eglise.
Le monastère, devenu insuffisant, est complètement reconstruit au début du XIIIème siècle par l'Abbé Hugues des Roches, à cette époque plus de cent Prieurés dépendent de l'Abbaye qui est extremement prospère.
En 1562, au début des Guerres de Religion, l'abbaye de Marmoutier est pillée par les Protestants, elle ne se relevera pas vraiment de cet évènement.
L'Abbaye est vendue comme bien national en 1799, pendant la Révolution Francaise, et une vingtaine d'années plus tard la plupart des bâtiments conventuels, l'église, les cellules des moines, sont démolis.
Il ne subsiste que le Portail de la Crosse (photo ci dessus), deux tourelles sur la facade Ouest (photo ci dessus) et une Tour adossée au coteau (photos ci contre).
Tour de l'abbaye de Marmoutier
Depuis plus d'un siècle maintenant c'est un établissement d'éducation.
Ruines de l'Abbaye de Marmoutier Plan de l'Abbaye de Marmoutier
Les Papes et Marmoutier
De nombreux Papes sont venus à Tours aux XIème et XIIème siècles. La plupart du temps ils séjournaient dans l'Abbaye de Marmoutier qui relevait directement de la papauté.
En mars 1096 Urbain II vient faciliter la mise en place de la réforme Grégorienne et consacre la nouvelle église abbatiale dédiée à la Sainte Croix. Il prêche la Première Croisade devant le comte d'Anjou Foulques le Réchin et la noblesse de Touraine rassemblée entre la Loire et le portail du monastère.
Urbain II prechant la Croisade à Marmoutier
En 1119, juste élu, le Pape Calixte II séjourne lui aussi à Marmoutier et convainc le comte d'Anjou Foulques V de partir en Croisade. Ce dernier deviendra roi de Jérusalem.
En 1162, le Pape Alexandre III qui a été chassé de Rome par l'Empereur Frédéric Barberousse, vient résider à Tours. Il consacre la chapelle Saint Benoit élevée dans la cour de l'abbaye.
Sharon Farmer here investigates the ways in which three medieval communities--the Town of Tours, the Basilica of Saint-Martin there, and the Abbey of Marmoutier nearby--all defined themselves through the cult of Saint Martin. She demonstrates how in the early Middle Ages the bishops of Tours used the cult of Martin, their fourth-century predecessor, to shape an idealized image of Tours as Martin's town.
Abbaye Saint Julien de Tours
L'Abbaye Saint Julien a été édifiée sur l'emplacement d'une chapelle du VIème siècle. Elle se développe et devient importante à l'époque Carolingienne mais subit en 853 les assauts des Normands qui la détruisent.
L'église actuelle date du XIIIème siècle. C'est dans la Salle Capitulaire de l'Abbaye que le roi de France Henri III réunit le Parlement en 1589.
Cette Abbaye a été fondée en 791 par Ithier Abbé de Saint Martin de Tours. Alcuin lui succède et recoit l'autorisation de Charlemagne d'y installer des moines en 800. Alcuin était un proche de Charlemagne. Il devint Abbé de Saint Martin de Tours et de Cormery en 796 et est mort en 804.
L'Abbaye a été endommagée par les Normands au IXème siècle. A partir de 1054, les abbés Robert I et Robert II la font reconstruire en beaucoup plus vaste. Les ruines actuelles comportent des restes des différentes époques fastes de l'Abbaye. A la fin du XIIIème siècle la partie orientale de l'église s'effondre, l'abbé Thibault de Chalon fait reconstruire le choeur et le transept de 1296 à 1310. En 1358, une troupe à la solde des Anglais pille l'Abbaye.
A la Fin du XVème et au début du XVIème siècle l'abbaye connait une période faste avec les abbés Jean du Puy et Denis Briconnet, mais en 1562 l'église Abbatiale et celle de la paroisse (Notre Dame du Fougeray) sont dévastées par les Protestants.
En 1791 pendant la Révolution les moines sont obligés de quitter le monastère. Les batiments de l'abbaye ont été démantelés pendant le
Premier Empire au début du XIXème siècle.
Le nom de Candes est issu du mot latin Condate (confluent, ici de la Vienne et de la Loire).
La petite ville possède une très belle Eglise construite en hommage à Saint Martin. Elle domine la Vienne et la Loire.
L'Eglise a été édifiée à la fin du XIIème siècle à l'emplacement de la maison qu'habitait Saint Martin et c'est là qu'il est mort en 397.
Son corps fut ensuite ramené et à Tours et placé dans la Basilique du meme nom. Avant la Révolution, l'Eglise Saint Martin de Candes était un lieu de pélerinage.
La construction de l'église est rapide puisque elle n'a nécessité qu'une trentaine d'années, elle est achevée autour de 1070. Cette église initiale est de style Roman, elle est en forme de croix latine, il en subsiste le transept et ses quatre piliers. Au XIIème siècle des travaux l'améliorent avec en particulier le clocher, le vitrail De Notre-Dame et les fresques de la salle capitulaire (dans le cloître).
En 1271, l'abbé Renaud IV de Villedieu engage le remaniement de l'église abbatiale en commençant par le chevet qui est de style Gothique avec cinq chapelles rayonnantes. Les travaux dureront près de deux cent ans, interrompus par la Guerre de Cent Ans. L'église est vraiment achevée au début du XVIème siècle avec la construction de la façade (Gothique flamboyant) et de la première travée de la nef.
Le Clocher de l'église abbatiale a été construit au XIIème siècle et s'élève à 80 mètres de hauteur. Toute sa construction, en particulier ses fondations sur un sol mouvant (marais), témoigne de l'ingéniosité des architectes de cette époque.
L'église conserve plusieurs vitraux remarquables. D'abord celui de la Vierge de Vendôme (XIIème siècle), des vitraux du XIIIème siècle situés dans le choeur et un vitrail du XIVème où le comte Geoffroy Martel remet le Reliquaire de la Sainte Larme à l'Abbé de la Trinité.
Une partie du Logis abbatial est près du chevet de l'église, il a été realisé au XVème siècle.
Cloitre de l'Abbaye de la Trinité à Vendôme
Le Cloître de l'Abbaye a été mutilé par une unité de l'armée Française en garnison à Vendôme (le XXème Chasseurs) au XIXème siècle. Les éléments qui en subsistent permettent de s'en faire une idée (cf photo ci-dessus).
Surtout il conserve une fresque murale Romane de grande qualité dénommée La Pêche Miraculeuse (cf photo ci-contre).
Fresque Romane du cloitre de l'Abbaye de la Trinité à Vendôme
A proximité immédiate de l'église subsistent des éléments des Greniers Romans, à l'origine ils faisaient plus de 100 mètres de long. Des baies romanes du XIIème siècles sont toujours visibles.
La Vallée du Loir et le Vendômois sont d'ailleurs renommés pour leurs églises rurales, qui présentent de nombreuses fresques murales de style Roman.
L'Abbaye Notre-Dame de la Couture est située au Mans, la capitale de l'ancienne province du Maine.
L'Abbaye Bénédictine Saint Pierre de la Couture a été fondée au début du VIIème siècle par l'évêque du Mans Saint Bertrand. Elle est en partie détruite par les Bretons et les Normands à la fin du IXème siècle. Elle est restaurée au Xème siècle puis à nouveau dévastée par un incendie qui frappe Le Mans au début du XIIème siècle.
Le Mans: Eglise Notre-Dame de la Couture
Elle est restaurée à partir du milieu du XIIème siècle. La nef fait 40 mètres de long et 23 mètres de haut, elle a été construite à la fin du XIIème siècle en s'appuyant sur l'assise d'un édifice du XIème siècle. Elle a été remaniée au XIVème siècle en style Gothique, elle comporte trois travées (il y en avait sept dans l'église Romane) dont les voûtes sont en ogives.
Le choeur a été transformé à plusieurs reprises, la partie inférieure est du XIème et XIIème siècle de style Roman, la partie supérieure, dont les voûtes et les fenêtres, est du XIVème, de style Gothique. Le déambulatoire a conservé sa voûte Romane.
Le Porche (cf photos ci-contre et ci-dessous) a été réalisé aux XIIIème et XIVème siècles, il est couvert avec une voûte sur ogives et contient un portail sculpté. Le tympan représente le jugement dernier. Sur les côté se trouvent de grandes statues d'apôtres. Les deux Tours ont été construites à la fin du XIIIème siècle. Celle à droite a été restaurée après l'incendie de 1915.
Porche de la façade Abbaye Notre-Dame de la Couture: Vue de la Nef et du Choeur
Les batiments conventuels de cette Abbaye se situent sur la droite de l'église, ils sont maintenant occupés par la Préfecture du département de la Sarthe. Quant à l'église Abbatiale elle s'appelle maintenant Notre Dame de la Couture.
de Stéphane Legros -- Presses Universitaires de Rennes -- ISBN : 275351089X
Une soixante de prieurés bénédictins ont été fondés dans le Bas-Maine entre la fin du Xe siècle et le début du XIIIe siècle. Sous la responsabilité d'un prieur, dont le rôle paraît essentiel dans la consolidation des établissements, vit une petite communauté de moines (souvent deux ou trois, rarement plus de cinq) qui travaillent à mettre en place des seigneuries monastiques autonomes et assurent les obligations religieuses de leur ordre. Après avoir présenté les origines de ces établissements, le processus de fondation et la mise en place matérielle et les modalités de fonctionnement des prieurés, la majeure partie de cette étude s'attache à répondre à quelques questions simples : pourquoi les abbayes ont-elles délocalisé leurs moines et constitué ces petites entités seigneuriales autonomes ? Quels projets seigneuriaux et religieux poursuivaient-elles ? Pourquoi leurs partenaires laïcs ont-ils accepté, surtout au XIe siècle, de se défaire d'une partie de leurs prérogatives seigneuriales au profit des bénédictins et de leurs prieurés ? Comment expliquer la dissociation qui paraît s'opérer entre les moines et leurs bienfaiteurs laïcs à partir des années 1130 ? Les réponses passent par l'observation des dynamiques géopolitiques à l'oeuvre dans un Bas-Maine où s'affrontent les ambitions angevine, mancelle et normande. Dans ce cadre d'affrontement, les prieurés, loin de rester à l'écart des enjeux séculiers, s'alimentent des rivalités seigneuriales laïques. Ils servent aussi les idéaux réformateurs de bénédictins désireux de monachiser l'espace social. Jusque là restés méconnus dans leur signification géopolitique, les prieurés révèlent ainsi leur importance dans une époque marquée par le flux puis le reflux des pouvoirs locaux (les châtelains) face aux pouvoirs englobant (le roi).
L'Abbaye Saint Aubin d'Angers
L'Abbaye Saint Aubin d'Angers a été fondée vers 535 par Saint Germain, évêque de Paris, et elle porte le nom de l'évêque d'Angers qui a fortement contribué à l'évangèlisation des campagnes alentour.
Les Chanoines de l'Abbaye s'étant éloigné des principes de la vie religieuse, le comte d'Anjou Geoffroy Grisegonelle, aidé de son frère Guy d'Anjou, réforma la vie de l'Abbaye en y introduisant la règle de Saint Benoit en 966.
L'Abbaye a été reconstruite au XIIème selon les principes de l'art Bénédictin.
Elle abrite actuellement la Préfecture et le Conseil Général du Maine et Loire. La photo ci contre montre le clocher de l'ancienne Abbaye, la Tour Saint Aubin, qui fait plus de 50 mètres de haut.
L'Abbaye de Fontevraud se situe aux confins de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou. Elle est à peu près à égale distance entre Chinon et Saumur. L'Abbaye de Fontevraud est la nécropole des premiers Plantagenets qui de comtes d'Anjou sont devenus ensuite ducs de Normandie, ducs d'Aquitaine puis rois d'Angleterre pendant plus de trois cent ans.
C'est Robert d'Arbrissel qui a fondé cette Abbaye à la fin du XIème siècle. Elle était destinée principalement aux femmes et accessoirement aux hommes (pour les emplois de service). Elle a toujours été dirigée par une Abbesse issue de la haute noblesse, au temporel elle ne relevait que du roi de France. Dès sa fondation elle a bénéficié du soutien des comtes d'Anjou et des Plantagenets.
Le plan de l'abbaye est conforme au schéma habituel des établissements bénédictins avec la paricularité de bâtiments spécifiques pour les femmes et d'autres pour les hommes.
L'église Abbatiale a été construite au XIIème siècle. Ses dimensions (85m sur 16m et le transept fait 38 m de long) sont le témoignage de l'importance du monastère. L'Abbaye comprenait de nombreux bâtiments répartis sur une surface de près de 15 hectares.
Chaque bâtiment était affecté à une catégorie monastique.
La façade de l'église Abbatiale De Fontevraud
Les Cuisines et le refectoire de l'Abbaye de Fontevraud
La Révolution Francaise a mis fin à l'existence de l'Ordre de Fontevraud. En 1804, pendant le Premier Empire, Napoléon Ier fait affecter les bâtiments de l'Abbaye en prison pour les condamnés de droit commun. Elle le restera jusqu'en 1963.
Depuis elle a bénéficié de travaux de restauration importants. C'est devenu un des monuments les plus visités du Val de Loire.
En décrivant la fonction, l'autorité, les relations avec l'Eglise et le pouvoir civil de deux Abbesses de l'Abbaye de Fontevraud, l'auteur pose des questions pertinentes sur la place de la femme dans l'Eglise.
Notre Dame de Cunault
L'Eglise Notre Dame de Cunault est issue d'un Prieuré fondé au IXème siècle. L'essentiel de la construction remonte à la fin du XIIème siècle.
La nef a une longueur supérieur à 70 mètres. A l'intérieur de l'église les piles de la nef et du choeur supportent de nombreux chapiteaux représentant des scènes sacrées.
La facade ouest possède un porche avec une sculpture de la Sainte Vierge datant du début du XIIIème siècle.
Juste en face du porche se trouve l'ancien logis du Prieur qui date du XVIème siècle.
Le Poitou est une des régions où l'Art Roman (XI et XIIèmes siècles) s'est le mieux épanoui. Bénéficiant de l'acquis, même lointain, des modèles de l'architecture Gallo-Romaine, les architectes et artistes médiévaux sont parvenus a concevoir et réaliser en Poitou des édifices exceptionnels. L'Eglise de Saint Savin, connue surtout pour l'ensembles de ses peintures murales, est classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco.
Eglise Saint Pierre d'Aulnay: transept et abside
Ces édifices sont parfois dûs à l'initiative de grands féodaux, à commencer par les Comtes de Poitou (devenus aussi ducs d'Aquitaine) ou leurs principaux vassaux: les Vicomtes et Sires. Elles sont aussi dûes aux Abbayes qui développent leur réseau de Prieurés. Autre facteur important, les chemins du pélerinage vers Saint Jacques de Compostelle, en effet les ressources données par les nombreux pélérins contribuent à l'édification des plus belles églises Romanes. En pratique, souvent, tous ces facteurs jouent simultanément.
Le parcours commençe par la ville de Poitiers où quatre églises Romanes sont présentées. La petite ville de Melle possède trois édifices remarquables, dont le plus significatif est Saint Hilaire. Tout aussi intéressante est l'église Saint Pierre d'Aulnay.
La visite se poursuit dans la région de Chatellerault qui est dotée de plusieurs belles églises Romanes. Ensuite c'est Saint Savin avec ses fresques murales, classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco, puis Chauvigny. La région de Thouars est également bien pourvue avec en particulier Saint Jouin de Marnes et Airvault.
Notre Dame la Grande à Poitiers n'est ni une cathédrale ni une abbaye, mais sa qualité est telle qu'elle mérite de figurer dans cette page.
Contrairement à ce que son nom indique cette église n'est pas très grande. Sa construction remonte au XIème siècle. C'est un des joyaux de l'Art Roman en France en particulier avec la façade ouest (du XIIème siècle) qui est particulièrement remarquable et spectaculaire, le nombre de sculptures et leur finesse impressionnent d'emblée.
Des peintures murales subsistent dans la Crypte.
Notre Dame la Grande s'élève sur l'emplacement d'une ancienne église Carolingienne qui elle-même succèdait à des constructions Gallo-Romaines.
A la fin du Moyen Age quatre chapelles seigneuriales sont insérées dans le choeur .
En 1174 Richard Coeur de Lion confie au Chapitre de l'église le soin de conserver les clefs de la ville.
En 1562, au début des Guerres de Religion, elle est assez sérieusement endommagée par les Protestants.
Le village de Saint Savin compte un peu plus de mille habitants, il est situé en Poitou dans le département de la Vienne à 20 kilomètres à l'Est de Chauvigny et à la meme distance à l'ouest du Blanc dans le département de l'Indre. La ville de Montmorillon est à 20 kilomètres au sud.
Abbaye de Saint Savin
L'Abbaye de Saint Savin est une église Romane du XIIème siècle contenant un remarquable ensemble de peintures murales de la même époque.
L'église a la forme d'une croix. Sa construction a commencé vers 1050 par le transept puis le choeur avec le déambulatoire autour duquel se répartissent plusieurs petites chapelles (absidioles) rayonnantes. Ensuite ont été réalisées les trois premières travées de la nef, le clocher et le porche et enfin les six dernières travées de la nef. Le porche est à la base du clocher et il colle à la façade de l'église. Le clocher se termine par une flèche très fine, d'une hauteur de près de 80 mètres, qui a été élevée au XIVème et restaurée au XIXème siècle.
Les Fresques de l'église Abbatiale de Saint Savin sont inscrites depuis 1984 au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, ceci est du à la qualité exceptionnelle de ces Peintures Murales (on dit aussi Fresques) que cette abbaye contient.
Fresque murale de l'Abbaye de Saint-Savin
La plupart de ces fresques ont été réalisées à la fin du XIème siècle et sont caractèristiques de la période Romane.
Elles représentent des thèmes religieux inspirés de la Bible, source majeure pour l'art du Moyen Age: ce sont l'Apocalypse, la Passion, la Résurrection du Christ et bien d'autres analogues. Le berceau de la nef, long de plus de 40 mètres, est entièrement recouvert de peintures sur une surface d'environ 500 m2, elles illustrent la Genèse et l'Exode.
Chauvigny est une ville qui a conservé un bel ensemble de monuments médiévaux.
La première église présente sur l'emplacement de l'église Saint Pierrre remonte au début du XIème siècle. La Collègiale actuelle remonte, elle, aux XII et XIIIème siècles.
Le Choeur et le Transept ont été construits en premier au début du XIIème siècle, puis la Nef dans la deuxième partie de ce siècle et enfin le Clocher au XIIIème.
Elle a été fortement endommagée au moment des Guerres de Religion en 1569 par les Protestants et à nouveau un siècle plus tard au moment de la Fronde.
Devenue quelque temps un Temple de la Raison au moment de la Révolution Française, l'église a ensuite été abandonnée. Elle a été rendue au culte catholique en 1804. Sa restauration a été engagée à partir de 1848.
Saint Jouin de Marnes est un village qui est situé une quinzaine de kilomètres au Sud-Est de Thouars
L'Abbaye de Saint Jouin de Marnes a été fondée en 342 par un Ermite Jovinus, peut etre frère de l'évêque de Poitiers Saint Maixent et de l'évêque de Trèves (en Allemagne) Saint Maximin. Trèves était la capitale de la partie occidentale de l'Empire Romain à cette époque.
En 843 des moines, fuyant les pirates Normands, se refugient dans l'Abbaye et y établissent la règle de Saint Benoit. Ils reconstruisent une nouvelle église abbatiale à la fin du IXème siècle. L'Abbaye prend de l'importance et devient très riche ce qui permet la construction de l'église actuelle au début du XIIème siècle.
A la fin du XIVème siècle, conséquence de la Guerre de Cent Ans, les moines fortifient l'Abbaye. Certaines parties du monument datent de ce moment. Le 28 février 1568, pendant les Guerres de Religion, l'Abbaye est dévastée par les Protestants.
Façade de l'église abbatiale à Saint Jouin de Marnes
L'Abbaye connait sa dernière période faste au XVIIème siècle. Lors de la Révolution Française les batiments monastiques de l'Abbaye sonnt vendus comme Biens Nationaux et une partie est démolie. L'église Abbatiale par contre a heureusement été conservée, c'est un véritable chef d'oeuvre de l'Art Roman.
Saint Europe est un Grec venu évangéliser les Santons au Ier siècle après J-C. Il est mort pour sa religion autour de 120. Ses reliques sont vénérées et donnent lieu à l'établissement d'un sanctuaire. Une basilique y est bâtie au VIème siècle par l'évêque Saint Léonce, elle est détruite par les Normands.
En 1081, Guy-Geoffroy, comte de Poitou et duc d'Aquitaine, confie ce sanctuaire à l'Abbaye de Cluny qui fait reconstruire l'église et y établit un Prieuré qui rapidement obtient de nombreuses possessions en Saintonge. Le bourg de Saint-Eutrope se développe autour du Prieuré, un peu à l'écart de la ville. Ce Prieuré a fonctionné jusqu'n 1787, il ne restait alors que 2 moines.
Clocher du Prieuré Saint Eutrope de Saintes
La construction de l'édifice commence en 1080 avec une église basse, la crypte qui est voûtée en berceau et est dotée d'un déambulatoire. Suit l'édification du choeur, juste au-dessus, où passe le pape Urbain II en 1096 qui consacre les autels avec l'évêque de Saintes, Ramnulphe. Les voûtes en demi-berceau des collatéraux du choeur ont sans doute été réalisées autour de 1100.
La croisée du transept est également de style Roman, elle était surmontée par un clocher détruit pendant la Guerre de Cent Ans.
Le clocher (cf photo ci-contre) a été construit à la fin du XVème siècle, il est de style Gothique flamboyant. L'église a à nouveau été endommagée au moment des Guerres de Religion.
Eglise Saint Eutrope de Saintes avec le collatéral Roman
La façade d'origine était en avant de l'actuelle, elle précèdait la petite place devant l'église et elle était encadrée par deux tourelles.
En 1803, le Préfet de Charente-Maritime fait abattre la façade et toute la nef jusqu'au transept. L'ancienne façade était à pignons avec un lanternon à chacune des extrémités.
Reconstitution de l'ancienne façade et de la nef de l'église Saint Eutrope de Saintes, en haut à droite, la base du clocher actuel
L'église actuelle est donc formée de l'ancien transept et du chevet de l'édifice Roman.
Les îles Lérins se situent à un peu plus d'1 kilomètre au Sud de Cannes sur la Côte d'Azur. Elles comprennent deux iles: l'Ile Sainte Marguerite, la plus grande, et l'Ile Saint Honorat où se situe un monastère trés ancien et trés célèbre: l'Abbaye de Lérins. Les iles sont accessibles par des bateaux navettes à partir de Cannes, Golfe-Juan et Juan les Pins.
Île Saint Honorat avec le Monastère et la Tour, à gauche, l'île Sainte Marguerite
L'Ile Saint Honorat possède un puits d'eau douce, ceci fait qu'elle a été habitée depuis la plus haute antiquité. Mais au IVème siècle, victime des invasions Barbares, elle est redevenue déserte. L'Abbaye Saint Honorat a été fondée autour de l'an 400 par une ermite nommé Honorat. Elle est également désignée sous le nom d'Abbaye de Lérins, elle était trés puissante au Moyen-Age. Il en reste une Tour du XIème siècle sur la côte Sud de l'ile, elle permettait aux moines de se protèger des incursions hostiles conduites par les Barbares, les Arabes, puis les Génois, les Espagnols, ...
Ile Saint Honorat avec son Monastère
Histoire de l'Abbaye de Lérins
Monastère Saint Honorat
Honorat, issu d'une riche famille de la Bourgogne ou de la Lorraine, décide entre 400 et 410 de mener une vie d'austérité et d'ascèse. Il s'installe d'abord au Cap Roux à la pointe de l'Estérel. Puis avec quelques fidèles il vient dans la plus petite des îles de Lérins qui porte maintenant son nom et il y crée un monastère. En quelques années ce monastère devient trés important, en 426 Honorat le quitte pour occuper le poste d'évêque d'Arles. Honorat est mort en 429, ses reliques ont été ramenées d'Arles sur l'ile Saint Honorat en 1391.
L'Abbaye de Lérins a contribué à la christianisation de la Provence puis de la Gaule et même de l'Angleterre et de l'Irlande en formant des moines qui sont devenus évêques dans ces régions: Hilaire et Césaire à Arles, Eucher à Lyon, Loup à Troyes (celui qui contribua à arreter Attila), Salvien, Augustin en Angleterre, Patrick en Irlande dont il est devenu le patron.
Au VIème siècle, l'Abbaye de Lérins est rattachée au diocèse d'Antibes (cette tutelle sera transférée au diocèse de Grasse en 1244). Aygulfe, un moine de l'Abbaye de Fleury sur Loire, vient y établit en 660 la règle de Saint-Benoit. En 690 l'Abbé Amand dirige une communauté de plus de 3500 moines.
A partir du milieu du VIIIe siècle, l'Abbaye doit résister aux attaques des Sarrazins, en 730 ceux-ci massacrent plus de 500 moines. Après une période faste au temps de Charlemagne, elle perd de son influence.
Tour du monastère Saint Honorat
En 976 le Pape Benoît VII en confie la direction aux moines de l'Abbaye de Cluny. En 990 le comte Rodoard d'Antibes fait don à l'Abbaye des territoires de La Napoule, Valbonne, Mougins, Biot ainsi que du village de Cannes. L'Abbaye conservera la suzeraineté sur ces domaines jusqu'à la Révolution Francaise.
Au XIe siècle les Abbés obtiennent de grands privilèges et recoivent des donations importantes. L'Abbaye devient trés riche. La plupart des bâtiments anciens qui se trouvent sur l'ile datent de cette époque, en particulier le Monastère fortifié. Celui-ci se composait d'un ensemble de constructions réalisées du Xème au XVème siècles. La première Tour de défense est construite à partir de 1070 par l'abbé Adalbert II. Au début du XIVème siècle une grande Tour carrée est construite dans le Sud-Est de l'ile.
Le pèlerinage à Saint Honorat se développe à partir du XIIème siècle et il reste populaire en Provence jusqu'à la Révolution Française. Il se déroulait entre l'Ascension et la Pentecôte. En 1366, L'Abbaye de Lérins est placée sous la dépendance de l'Abbaye Saint Victor de Marseille.
L'Abbaye est pillée en 1400 par des corsaires et pirates Génois commandés par Salageri, ils s'installent sur l'ile et il faudra une coalition des forces de la Provence pour les faire partir l'année suivante.
A partir de 1464, l'Abbaye devient la propriété d'Abbés à Commende (qui n'y résident pas mais bénéficient de ses revenus). L'un d'eux, Auguste Grimaldi de la famille des seigneurs de Monaco, l'affilie aux Bénédictins. Au XVIème siècle, l'Abbaye est donnée par François I au Cardinal de Bourbon puis à Jean du Bellay. Au XVIIème siècle Mazarin devient également Abbé de Lérins.
En 1524 l'armée de l'Empereur Charles-Quint, qui est en guerre contre le roi de France François I, s'empare de l'ile et pille le couvent. L'Ile subit d'autres attaques à cette époque et c'est dans ce contexte que le village de Cannes parvient à s'émanciper de la tutelle de l'Abbaye de Lérins. Au XVIIème siècle, en 1635, les Espagnols s'emparent des Iles Lérins, les Francais les en chassent. Puis c'est au tour des Autrichiens de s'approprier les deux iles en 1746, ils sont également chassés par une troupe Francaise commandée par le Chevalier de Belle-Isle.
L'Abbaye passe ensuite sous la tutelle de l'évêque de Grasse en 1732 puis sous celle de l'évêque de Digne en 1752. En 1791, lors de la Révolution Francaise, l'Abbaye est vendue aux enchères. Le Monastère est racheté par Mademoiselle Sainval, une comédienne du Théatre Francais, elle y a vécu pendant 20 ans.
L'évêque de Fréjus rachète l'ile en 1859 et y fait rétablir une communauté de moines Cisterciens à partir de 1869, celle-ci existe toujours actuellement.